Lee Bollinger, un président d'université se dresse contre l'Iran
Je ne sais pas si la réforme des université françaises va prévoir de donner l'occasion à a ceux qui les dirigent de faire une telle chose en France mais le président de l'université de Columbia vient de règler son compte au président iranien.
Alors que ce dernier était en visite à l'occasion de l'assemblée des Nations Unies, l'université dirigée par Lee Bollinger a invité le chef d'Etat étranger, Mahmoud Ahmadinejad, à s'adresser aux étudiants dans le cadre des Distinguished Lecturer Series ce qui a levé une foule de contestations. Les Américains ne comprenaient pas qu'on ouvre une tribune à celui qui est perçu là-bas comme l'un des principaux dangers pour la paix mondiale.
Sauf que... tout ne s'est passé comme les Iraniens pouvaient s'y attendre. Une fois sur place, le président de l'Université s'est adressé à Ahmadinejad en l'attaquant directement. Après un résumé du rapport Amnesty International sur l'Iran, Bollinger a conclu ses salutations par : "Let’s, then, be clear at the beginning, Mr. President you exhibit all the signs of a petty and cruel dictator.".
La vidéo ci-dessous contient le début de l'allocution de Bollinger qui commence par dire à ceux qui protestent contre la venue du président iranien que la liberté d'expression et s'en sert pour commencer son attaque contre l'Iran en proposant un poste de professeur à tous un prisonnier politique détenu là-bas.
Tout du long, le président iranien garde un sourire de façade alors que les étudiants déclenchent les premiers applaudissements.
Il a ensuite posé une série de questions portant sur la persécution iranienne des homosexuels et des intellectuels, sur les privations de libertés intellectuelles, sur l'attitude négationniste de l'Iran, sur les menaces sur israël et le reste du monde dans le cadre du programme nucléaire et enfin sur le financement du terroriste. Formulées sous la forme d'accusations, ces attaques justifiées mais étonnantes dans un tel cadre se sont conclues par les mots suivants :
"Let me close with this comment. Frankly, and in all candor, Mr. President, I doubt that you will have the intellectual courage to answer these questions. But your avoiding them will in itself be meaningful to us [...] I am only a professor, who is also a university president, and today I feel all the weight of the modern civilized world yearning to express the revulsion at what you stand for. I only wish I could do better."
Le texte du discours est disponible ici et vaut son pesant d'or tant il est courtois mais brutal.
Le président iranien a cherché à se dédouaner des nombreuses questions sans vraiment y répondre, certaines phrases comme "In Iran, we don't have homosexuals like in your country. We don't have that in our country. In Iran, we do not have this phenomenon. I don't know who has told you that we have it."ont tout de même provoqué un réaction de rejet du public. Son dicours de réponse s'est composé de références religieuses au Coran et d'une critique forte de l'administration Bush. Il est évident que le public d'étudiants américains présent a été peu convaincu. Il a tout de même fait remarquer que pour la culture iranienne, Lee Bollinger avait agi avec "de mauvaises manières".
On vient d'annoncer que le président a été remercié par l'Université.


