Il serait présomptueux de ma part de vous dire que je connais Elise Costa. Il serait probablement plus correct de vous dire que je lui ai déjà parlé, que nous nous sommes croisés.
La première fois, c'était alors que nous essayions de rendre le moral à une amie commune qui passait une sale journée (les amies de mes amies étant mes amies, Elise serait-elle mon amie ?).
La seconde fois, c'était en cherchant à échanger nos places pour optimiser notre vision du très drôle spectacle Spamalot auquel l'amie susévoquée (j'invente des mots si je veux) nous avait conviés.
Bref, la chronique ci-dessous, aussi subjective soit-elle, ne peut être apparentée à de la camaraderie et je vous prie de croire qu'il faut absolument lire Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears, premier livre d'Elise tout juste sorti dans toutes les bonnes librairies.
"Mais pourquoi lire ce livre ?", me demanderez-vous sans me faire l'honneur d'une confiance aveugle dans mon discernement, bande de petits galopins.
Commençons par le contenu... Difficile de vous résumer le roman en quelques mots. Disons qu'il s'agit d'un road trip sur les traces de Britney Spears. De New York à Los Angelès, en passant par la Louisiane, l'auteur enquête sur le phénomène B.S. tout en cotoyant l'Amérique "profonde". Dissertant avec humour, et quand même pas mal de profondeur, sur l'époque, celle-ci décortique le mythe, cherche l'être humain qui se cache derrière et raconte son expérience solitaire sur les routes d'un concert de la star. Le tout est écrit avec érudition et brio, le style est remarquable. La thématique offre un grand écart réussi entre l'enthousiasme décomplexé de Fan De et la branchitude désabusée de Californication, c'est extrêmement drôle, bien vu et documenté. Bref, lisez-le !
"Mais finalement, c'est qui cette Elise Costa ?" Est-ce un auteur important ? Que savons-nous d'elle après la lecture ? Pourquoi s'intéresser à cette auteur et pas à une autre ?
Elise Costa est rousse (ok ça n'a rien de littéraire et peut paraître futile mais j'arrête tout de suite les détracteurs de cette couleur, chez moi, c'est une grande qualité);
Elise Costa dégage beaucoup d'intelligence, c'est comme ça, c'est dans son regard, c'est non négociable;
Elise Costa est drôle. Si aucune de nos rencontres ne s'est prêtée à l'exercice de l'humour déchainé, je vous conseille d'aller faire un tour sur son blog Fuck You Billy pour vous en rendre compte (vous aussi vous découvrirez la frustation de ne pouvoir lui laisser des commentaires aussi brillants que "ha ouais moi comme toi" ou "hu hu hu");
Elise Costa écrit "vachement" bien. C'est sensible dans ses notes de blog, dans ses chroniques pour la presse, c'est encore plus flagrant dans son livre. Rares sont les auteurs aussi fluides. Rares sont ceux qui peuvent écrire propylée, antépathe et dithyrambes sans me donner envie de jeter leur livre en pâture aux fans de Marc Levy...
Elise Costa peut écrire une note de bas de page sur l'hyperréel en tant qu'univers de simulation ou sur la définition du heavy metal avec autant de style qu'une autre note évoquant les rapports entre sodomie et problèmes gastriques. C'est ça, la classe.
Elise Costa est une enfant terrible de son époque, une trentenaire qui a absorbé tout ce que nous avons traversé (des 80s aux 2000s) et peut citer sur la même page David Duchovny, Tory Spelling, Braindead et la petite maison dans la prairie. Ce qui en fait forcément quelqu'un de bien.
En fait, Elise Costa, c'est la fille démoniaque née de la partouse improbable entre Jean Chalopin, Philippe Manoeuvre, Vincent Delerm, Alain Chabat, Chuck Palahniuk, Marc Toesca, Frédéric Beigbeder, Jon Stewart, Charles Bukowski et Kevin Smith (cette orgie a vraiment eu lieu mais je ne peux en dire plus).
Elise Costa est très calée en musique. Elle est à Britney Spears ce qu'Olivier Cachin est au Rap ou à Michael Jackson. Même ce dont elle dit se moquer, elle le sait. C'est dans son livre. La seule anecdote digne d'intérêt qui n'y est pas, c'est l'"emballage" de B.S. par Neil Strauss relatée dans The Game, autre livre rock'n roll (sous couvert de manuel de la drague) que je vous conseille grandement.
Elise Costa ne se trompe que deux fois dans son livre :
p. 81 : "Les deux plus grands teen movies de tous les temps sont Bring It On et ClueLess"... Pfff, on sait bien que le meilleur teen movie du monde, c'est La folle journée de Ferris Bueller.
p. 215, en parlant des Pussycat Dolls, elle écrit "Le girls band, à l'origine d'anciennes strip-teaseuses de Las Vegas". A l'origine, il s'agissait en fait d'une revue burlesque du Viper Room créée sur Sunset Boulevard à Hollywood. Le show de Las Vegas, qui n'a du "strip" que l'emplacement, a été créé bien après le groupe, en 2005.
Elise Costa a déjà pété la gueule deux fois à Chuck Norris (ce qui n'est pas dans son livre mais qui rattrape drôlement bien le point précédent).
Si avec tout ça, vous n'êtes pas convaincus, je ne peux plus rien pour vous...
Puisque la faute se retrouve dans la vidéo Social Media Revolution 2 publiée il y a quelques jours sur ce blog et que l'on vient de me demander la règle, je la rappelle au cas où...
"Bienvenue à"toujours avec un e même si la suite est au masculin ou au pluriel !
"Bienvenuesur mon site"
"Bienvenue à un garçon super beau"
Cela ne s'accorde pas car cela veut dire en fait :
"Je vous souhaite la bienvenuesur mon site"
"Je souhaite la bienvenue à un garçon super beau"
Il faut juste se souvenir que si c'est le premier mot, c'est toujours "Bienvenue" sans accord car c'est "bienvenue" en tant que nom (la bienvenue). Et cela marche tout le temps, on écrit bien "Bienvenue à vous", même au pluriel, car cela vient de "Je vous souhaite la Bienvenue".
Mais attention, ce n'est pas pareil si c'est "bienvenu" en temps que substantif, là, on accorde :
Dans un texte sur la dernière campagne Iglo que l'on trouve ici, là, là ou là et qui m'a été envoyé par la petite C. qui travaille avec nous, on trouve :
"Iglo a confié à Mortierbrigade la mission de remettre la marque à l’avant-plan et de construire le dialogue avec le consommateur. L’agence s’est inspirée du légendaire test du Marshmallow, qu’elle a appliqué aux fish sticks d’Iglo."
J'avoue qu'à la base, je ne suis pas hyper fan de l'expérience de base et de l'idée de tester des gamins surtout pour des besoins publicitaires (Pavlov l'a beaucoup fait pour faire avancer la psychologie, c'est marrant on en a moins parlé que de son chien). Soit, pourquoi pas. Mais, un peu plus loin sur www.pub.be, on lit :
"Cent enfants issus de différentes écoles ont participé au fameux test Marshmallow. Une jeune femme leur a servi une assiette avec un fish stick en leur précisant que s’ils ne touchaient pas au fish stick durant son absence de quelques minutes, ils en recevraient un deuxième à son retour."
"Cent enfants issus de 3 écoles différentes ont participé au fameux test Marshmallow. Leur institutrice leur a donné une assiette contenant un fishstick."
Donc, que faut-il faut comprendre ? Si une institutrice intervenait dans 3 écoles et qu'elle avait plus de 100 élèves, elle serait forcément remplaçante ou non-titulaire. Donc, elle devrait gagner plus d'argent. Donc, ça ne lui poserait aucun problème d'intervenir dans une pub poussant à la consommation de poisson pané en jouant sur une expérience de frustration de ses élèves... Là, il y a probablement extrapolation de la personne qui a repris la note...
Mais le pire, c'est ce morceau du communiqué :
Le film de la campagne livre non seulement de très belles images mais démontre surtout que les enfants peuvent aussi être très friands d’aliments sains. Ils ne cèdent pas uniquement aux sucreries. Iglo a compris l’importance de faire rimer alimentation saine avec plaisir…"
"démontre" c'est pas un verbe qui doit être lié à une quelconque démarche scientifique, ça ?
"les enfants peuvent aussi être très friands d’aliments sains". Et oui car on le sait tous, le poisson pané, c'est l'emblème de l'alimentation saine ! Et d'ailleurs, si on leur avait laissé le choix entre un stick de poisson pané et un poisson vapeur, ils n'auraient pas hésité à aller vers le plus sain...
Mieux, "ils ne cèdent pas uniquement aux sucreries"... Selon le site d'Iglo, y a 18g de sucre dans 100 g de bâtonnets de poisson. Soit pour 100g, l'équivalent de de plus de 3 morceaux de sucres.
Enfin, c'est totalement dénaturer la portée du test du marshmallow initial dont le but n'était pas de tester la patience des enfants mais de la détecter. Ensuite de cela, un test était réalisé sur le devenir des enfants, ceux qui avaient capables de résister avaient mieux réussi dans la vie ! Rien à voir avec l'idée qu'ils mangent sain...
Là-dessus Iglo est honnête (moi j'aime bien le poisson pané et le captain Iglo) sur son site (http://www.iglocesttoutbon.be/) alors pourquoi le communiqué se fout-il autant de notre gueule ?
Dans la vidéo suivante, Kris Madden, auteur de Learn to Speed Read (à lire gratuitement là) explique l'un des concepts les plus importants dans la pratique de la lecture rapide : la déconnexion de la lecture avec les cordes vocales.
Pour ceux qui ne parlent pas Anglais :
Ce qui limite le plus grand nombre de lecteurs est la subvocalisation (l'habitude de vocaliser les mots au sein des cordes vocales même quand aucun son n'en sort). Tout le monde sait que lire un livre à voix haute est bien plus lent que de le lire dans sa tête. Ce que l'on sait moins, c'est que "lire dans sa tête" en "parlant dans sa tête" oblige les cordes vocales à formuler les mots (à tel point qu'on pourrait s'en servir pour capter les termes et s'en servir pour simuler la télépathie). Et ceci ralentit aussi la lecture en grandes proportions.
Donc "lire un livre à voix basse dans sa tête" (et donc automatiquement au niveau des cordes vocales) est bien plus lent que d'apprendre à ses yeux à envoyer l'information directement au cerveau.
Pour vous entrainer, Kris Madden vous propose de vous entrainer à lire en répétant à voix haute AEIOU ou 1234 de sorte que vous prendrez l'habitude de dissocier la vocalisation de la lecture (ce que l'on appelle éviter la subvocalisation). Par ailleurs, des chercheurs ont prouvé que cela permettait de mieux retenir les concepts contenus dans le texte.
Essayez, j'ai commencé la lecture rapide avec cette technique il y a plus de 15 ans (je lis environ 1000 mots par minutes avec un niveau de compréhension-mémorisation de 85%, un lecteur moyen en lit entre 240 et 400 avec un niveau de compréhension-mémorisation de 60%), et cela marche toujours.
Serge Douplatoff est l'un de mes experts internet préférés. Ses interventions sont toujours extrêmement brillantes, claires, denses, rapides et érudites. Celle qui suit a eu lieu à l'ENS. 17 minutes de bonheur sur le thème "Les vraies ruptures de l'Internet" :
Je vous conseille particulièrement la partie sur l'économie de l'immatériel à partir de 10:33.
Bon, entendons-nous bien, l'iphone 4 me fait très envie et je vais probablement l'acquérir aussi vite que possible. Le nouvel écran, l'interface, le design, le support de plusieurs comptes Exchange tout me plait mais s'il est vrai que l'écran HD est appétissant, je suis moins emballé que d'autres sur le multitâche (enfin) et sur l'appareil photo 5Mo (présent depuis des années sur mon Nokia N95). Certes, c'est super mais en tant qu'utilisateur, j'ai tendance à penser qu'ils ont tardé à arriver et qu'il s'agit d'un soulagement plutôt que d'une innovation (un peu comme quand tes parents t'achètent enfin les piles qui vont avec le jouet que tu as reçu à Noel mais que tu n'as pas pu essayer faute de pouvoir l'allumer).
Peut-être serait-il temps que l'on dépasse le coté "comme c'est pratique" et le "il y a une application (extérieure) (si on la laisse passer) pour aller vers une offre logicielle Apple digne de ce nom. Il y a quand même quelques éléments qui auraient pu être là lors de ces annonces :
Whoaaa cool de la visio-conférence téléphonique... En 3G ? Non en Wifi et qu'avec d'autres iPhone... Du sous-skype quoi...
Il est où mon hotspot Wifi mobile ? Pas mal de téléphones Android le font, pourquoi pas l'iPhone ? Ok, en payant, je peux le transformer en modem sans fil. Mais techniquement rien ne semble l'empêcher de pouvoir jouer le rôle d'un hotspot à part à peut-être la batterie ou un sombre accord avec les opérateurs...
Elle est où mon stockage de fichiers dans le nuage ? J'utilise Live Mesh (gratuit) ou Evernote (pas cher) pour échanger mes documents entre mes différents PC et périphériques mais je trouve hallucinant de voir que les Mac-addicts sont obligés de payer 99$ par an pour MobileMe...
A l'heure du cloud-computing, quand Microsoft offre 25Go de stockage sur son Skydrive, je trouve dommage de ne pas avoir la possibilité de stocker les 16 Go contenus dans mon Iphone sur un serveur distant qui servirait à la fois de back-up et d'outil de synchronisation "over-the-air".
Peut-être que pour ça Apple attend la 4G. Et c'est là que son équipe marketing est forte parce que cela fait pas mal de fois qu'on me demande "tu vas t'acheter l'iphone 4G ?" réponse : "hmmm non l'iphone 4". Là-dessus, belle synchronisation dans la numérotation de la part d'Apple qui en laissant le buzz monter tout seul sur le net laisse penser que son terminal supporterait les réseaux dernier cri. Vous me direz, en France, étant donné qu'on a pas encore de réseau 4G, ça nous fait une belle jambe mais quand même, pas mal...
Bref, "in Steve, I believe" mais s'il pouvait faire un petit effort pour ne pas me faire penser trop fort à Android, ça serait cool...
Je suis en interview dans le magazine du groupe IONIS (pour lequel je travaille) à l'occasion de la sortie de l'ouvrage de prospective, TiC 2025, que j'ai dirigé pour les 25 ans de l'EPITA.
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